Méridienne | Les amis de la librairie Géronimo

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Rencontres de Géronimo

Vous trouverez ici le programme des rencontres organisées par la librairie Géronimo, 2 rue Ambroise Thomas à Metz

pour contacter Jacques Fourès et ses collaborateurs, le téléphone est le: 03 87 74 48 01

Fil des billets

mercredi 8 février 2012

Musique

vendredi 17 février /// 19h00

L'association fragment invite :

 

à la librairie Geronimo

Musicien et compositeur, David Watson est une voix singulière au sein de la musique expérimentale. Originalement connu comme guitariste, il travaille depuis 1981 avec une cornemuse. Vivant à New-York, il collabore régulièrement avec John Zorn, Lee Ranaldo ou Thurston Moore de Sonic Youth. Il se définit lui-même comme un performer dynamique et un compositeur novateur dans une large variété de situations. Il a travaillé de manière continue avec la crème de la scène expérimentale new-yorkaise (Ikue Mori, Shelley Hirsch, Makigami Koichi, DJ Olive, Christian Marclay, Zeena Parkins, Cyro Baptista, parmi tant d'autres...). Régulièrement invité par les grands festivals tout autour du globe, enregistré sur des labels tels que Tzadik, David Watson a su apporter une place inédite et à part à la cornemuse dans le langage musical / expérimental contemporain, avec une fascinante approche de psychédélisme minimaliste.

avec le soutien de
action culturelle/université de metz/ville de metz/conseil général de la moselle/conseil régional de la lorraine

mercredi 4 janvier 2012

Une fable sur la langue

    mercredi 11 janvier 2012 /// 18h30

      photo Bernard Plossu

    François Dominique

    Solène 

        - éditionVerdier -

Après un désastre, dans un entre-deux-mondes inquiétant, une famille réfugiée dans une villa de la banlieue lyonnaise vit coupée du monde extérieur. Alors que le système de défense qui les protège faiblit et que les ressources en vivres diminuent, ils tentent de maintenir un semblant de quotidien.
C'est la voix de Solène, petite fille étrange, imaginative et sensible qui mène la narration. L'enfant est douée du pouvoir de lire dans la pensée de ses proches avec qui elle est liée par une grande tendresse et dont elle perçoit les inquiétudes, les secrets, les rêves ou les révoltes. Le jeu a une grande part dans son récit qui peut être lu comme une fable sur la langue, ses sortilèges merveilleux et ses revirements imprévisibles.

François Dominique a fondé en 1987 les éditions Ulysse Fin de Siècle. Il est l'auteur de plusieurs récits et romans (La musique des morts/1996 - Parole donnée/1999 - Romulphe/2008), de recueils de poèmes (Aséroé/1992 - A Wonderful Day/2003 - Petite Cassandre/2011) et d'essais. Il est aussi traducteur.
Solène a reçu la mention du Prix Wepler - Fondation La Poste.

http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-solene.html

vendredi 30 décembre 2011

Trois ans dans le ghetto de Varsovie

mercredi 4 janvier /// 18h30

Régine Frydman







J'avais 8 ans dans le ghetto 

de Varsovie

éditions Tallandier

"Il y avait des individus qui se débrouillaient, qui risquaient leur vie pour leurs familles, pour leurs enfants. Certains habitants du ghetto étaient d'un courage incroyable, et très inventifs. Mes parents étaient de ceux-là, ils se battaient sans jamais penser à la mort qui leur était destinée".

Régine Frydman est une enfant du ghetto de Varsovie qui a, par miracle, échappé à la mort. Elle a huit ans en 1940 quand les Allemands décident d'enfermer 450 000 juifs dans une enclave de cinq hectares, où ils vont être parqués et broyés à mort en l'espace de trois ans. Régine n'aurait pas survécu si son père Abram Apelkir n'avait pas bravé le danger, risqué sa vie en sortant du ghetto pour trouver de la nourriture, caché sa famille chez des amis polonais en plein centre-ville et à la campagne, et même chez les religieuses. Régine Frydman mêle son récit à celui de son père. A deux, ils livrent un témoignage bouleversant des terribles évènements dont ils ont été les témoins, les cadavres qui s'entassent sur les trottoirs, les descentes éclairs de la police allemande, les fusillades dans la rue, les enfants qui se battent pour un quignon de pain, les marches dans la neige pour échapper aux rafles et à la déportation, et enfin la joie de retrouver la liberté grâce aux troupes russes.

Un document rare.

mardi 6 décembre 2011

Toute la Grand-Place de Bruxelles

samedi 10 décembre /// 17h30

avec le forum-Irts de Lorraine
dans le cadre de "Y'a-t-il une exception belge ?"

Isabelle de Pange

La Grand-Place 

de Bruxelles

- Aparté éditions -

Parce qu'on la montre, parce qu'on s'y montre, parce qu'on y aime, on y boit, on y fête, parce qu'on y manifeste, on y meurt, on s'y révolte, parce qu'on y fait ses petites affaires, parce qu'elle conjugue les siècles, parce qu'elle se rit de l'esthétique des tyrans, parce qu'elle touche les poètes, parce qu'elle est la preuve d'un vivre ensemble, parce qu'elle est à tous, parce qu'elle flirte avec les mythes, parce qu'elle incarne cette bonne grosse ville, parce qu'elle a mille ans, parce qu'elle a cent ans, parce qu'il y a toujours ce premier regard émervéillé, la Grand-Place est belle !

Isabelle de Pange est bruxelloise et historienne de l'art. Elle est l'auteure de "Brusselleke" paru en 2009 et, avec Cécile Schaack, de "400 façades étonnantes" à Bruxelles paru en 2003, tous deux publiés aux éditions Aparté.

Palingénésie

vendredi 9 décembre /// 19h00

Estelle Delesalle

labyrint*e en valise

- éditions Centre Pompidou -

"Labyrint*e  en valise" est un jeu de cartes que l'on aurait retrouvé et dont on aurait perdu les règles. Il comporte 49 cartes, dont une semble avoir été brûlée, il y a au fond de la boîte un petit tas de cendres. Estelle Delesalle est partie en quête d'un parfum impossible, celui de la brûlure. Cette histoire commence par la rencotnre d'un livre, ou plutôt d'un autodafé : la destruction de La Défense de l'Infini par son auteur, Louis Aragon. Je pense que vous connaissez cette histoire, cette légende, qui dit qu'il aurait brûlé son manuscrit de 1500 feuillets à l'automne 1927 dans un hôtel de la Puerta del Sol, à Madrid. Il ne reviendra sur ce geste que 40 ans plus tard. Il dira notamment qu'il s'est trouvé "face à la démesure de son imaginaire" et dans l'impossibilité "d'intégrer l'infini sous le fini d'une forme".

Elle s'est mise en tête de questionner cette "brûlure" face à la création et à ce désir d'absolu en tentant de répondre à Aragon : "quand il ne reste que les cendres, où est la mémoire du feu ?". Elle nous invite à un voyage poétique et méditatif sur cette question des cendres, de l'infini, de la sublimation.

Estelle Delesalle est actuellement étudiante à l'école des Beaux-Arts d'Avignon. Elle a participé à l'élaboration du "Labyrint*e en valise" avec Laurent Derobert, Jean-Marc Ferrari et Jean de Loisy.

mardi 22 novembre 2011

histoire

samedi 26 novembre /// 17 heures

    Mireille Chazan

et Gérard Nauroy

Ecrire l'histoire à Metz 

au Moyen-Age

Peter Lang Editeur

Pendant tout le Moyen Âge et au-delà, les Messins eurent le souci d'écrire l'histoire de leur cité pour exalter leur passé, justifier leurs droits, voire en revendiquer de nouveaux. Ce travail d'écriture a été entrepris et poursuivi dans l'entourage des évêques, où a été rédigée par étapes une histoire des évêques des origines apostoliques de l'Eglise messine jusqu'au XVIe siècle. Les abbayes et les couvents, dans des annales et des cartulaires, ont conservé le souvenir de leur fondation et du développement de leur établissement pour affirmer leur place dans la cité et défendre leurs droits. A partir du XIVe siècle et jusqu'à la réunion de Metz à la France, les bourgeois et les patriciens composent des chroniques en langue vulgaire pour conserver la mémoire de la communauté urbaine, magnifier son passé et défendre sa politique. Le résultat est une historiographie et une hagiographie, d'une remarquable continuité, avec des prolongements jusqu'au XVIIe siècle. L'étude méthodique de cette production historiographique, sans équivalent dans les autres villes françaises, mis à part Paris, fait l'objet du présent ouvrage, première synthèse sur cette question.

Mireille Chazan est professeur émérite des universités en histoire médiévale. Elle est spécialiste d'historiographie médiévale, plus particulièrement des chroniques universelles et de l'historiographie française messine.
Gérard Nauroy, ancien président de l'université Paul-Verlaine de Metz, est professeur émérite des universités en langue et littérature latines. Spécialiste du christianisme ancien et, en particulier, de l'Italie du Nord au IVe et V siècles, il a dirigé le centre de recherches "Littérature et spiritualité" devenu "Ecritures" , et fondé la collection "Recherches en littérature et spiritualité" où est publié le présent ouvrage. Membre de l'Accademia di sant-Ambogio de Milan, il est l'auteur de nombreuses études consacrées à l'évêque de Milan.

lundi 21 novembre 2011

Une maison dans la tête

vendredi 25 novembre /// 18h30

Benoît Goetz

Théorie des maisons

L'habitation, la surprise

- Verdier éditeur -

Théorie des maisons vise à mettre au jour - chez les penseurs modernes et contemporains parmi lesquels Benjamin, Deleuze, Derrida, Heidegger et Levinas - une architecture qui, très souvent, ne se manifeste pas explicitement. L'auteur propose de nommer cette architecture cachée : "une maison", la maison des philosophes.

Cette maison, qui n'est pas toujours thématisée et dessinée dans ses contours, il s'agit de chercher à la localiser et à la rendre perceptible, comme dans ces jeux de devinette où une figure surgit d'un coup et saute aux yeux.

Cet essai engage ainsi un déplacement du regard. La "maison" ne se réduit plus aux visions du monde que le lecteur serait invité à habiter. Une maison n'est pas une image (pas plus qu'un visage n'est une image). C'est, au contraire, à partir de la maison que le monde se dispose pour être éventuellement contemplé en une vision.

Théorie des maisons n'est pas une réflexion sur la maison qui est en vue mais elle cherche à montrer que la maison est un instrument de la vision.

Benoît Goetz est professeur de philosophie à l'université Paul Verlaine de Metz.

dimanche 20 novembre 2011

Ci-gît accablé de fatigues de guerre...

jeudi 24 novembre///18h30

Lilyane Beauquel

Avant le silence des forêts

- éditions Gallimard -

"Je ne fais que raviver une envie de bonheur depuis longtemps renoncé, nous sommes un et nous sommes mille, et des millions, nous sommes un et tous et seuls. Rien ne permet plus de communiquer avec ceux que nous avons quittés. Toujours, dans ce trou qu'on a fait, restera notre silence." Otto, Simon, Heinrich et Nathan, quatre jeunes Allemands de vingt ans, partent découvrir le monde, portés par le train de l'Histoire. Quand ils quittent le bourg bavarois où ils sont nés, leurs désirs affleurent à peine et ils ne connaissent de la vie que leur belle amitié. A leur arrivée, ils comprennent vite vers quoi on les a envoyés. Nous sommes en 1915, en Lorraine. Après les charges terrifiantes en première ligne, il faut tant bien que mal s'accommoder à la catastrophe. Simon, d'une voix douce, choisit de consigner dans ses carnets ce qui subsiste de vie dans les tranchées. Au détour d'un boyau, chacun rêve à ce qu'il a laissé là-bas : Anke, la jeune fille restée au pays, l'enfant à naître, les mères en douleur. Et les vestiges de l'enfance, les parfums des pâtisseries joyeuses et le paysage qui les a vus grandir, remplacés maintenant par le tapis des bombes.

Lilyane Beauquel est agrégée de lettres, enseignante, chargée de mission Culture à l'université de Lorraine. Elle vit et travailledans la région de Nancy. "Avant le silence des forêts" est son premier roman.

dimanche 13 novembre 2011

MILLE ET UN BAISERS

vendredi 18 novembre /// 17h30

Belinda Cannone

Le baiser peut-être

- Alma EDITEUR -

Amoureux, amical ou fraternel, mais toujours signe de notre humanité dans sa noblesse, le baiser est don et reconnaissance de l'altérité. Il est aussi, peut-être, le plus beau geste du désir.
Dans un dialogue à trois voix, Belinda Cannone joue des sensations et des significations. Elle analyse les rituels et les habitudes et évoque, plus encore, ce que le baiser exprime sans mots. Prolongeant l'exploration du désir qu'elle mène depuis son premier livre, elle mêle ici fiction et souvenirs sensuels à la réflexion et aux évocations d'oeuvres, pour tout nous dire du baiser.

Belinda Cannone est romancière et essayiste. Parmi ses romans récents figurent L'homme qui jeûne et Entre les bruits. Elle a signé plusieurs essais remarqués, L'Ecriture du désir (Prix de l'Académie française, 2001), Le sentiment d'imposture (Grand prix de la Société des Gens de Lettres, 2005), La bêtise s'améliore et La tentation de Pénélope.
Son ambition : "Voir et dire ce qu'on a vu". 

A l'occasion de la sortie de cet essai gourmand et délicieux, nous vous présenterons la nouvelle maison : Alma EDITEUR
http://alma-editeur.fr

 

 

 

 

 

mercredi 9 novembre 2011

André Agard

Samedi 12 novembre /// 17h30

André Agard

Un lézard dans le jardin

éditions Thierry Marchaisse

- Enlevez-lui les menottes, murmura-t-il au policier qui m'avait amenée, ici c'est inutile.
Il congédia mon cerbère de la même voix trop douce, puis me tourna le dos pour aller s'asseoir derrière son vaste bureau. Je faillis éclater de rire en voyant qu'il portait des bottines aux talons très hauts, mais je me retins, ce n'était pas le moment. Ce médecin avait le pouvoir, là et maintenant, de me renvoyer en prison ou de me garder dans sa clinique. Et j'hésitais, je ne savais pas ce que je voulais : être reconnue délinquante ou bien internée comme malade mentale.

André Agard est psychanalyste, comédien et metteur en scène, il a dirigé deux troupes de théâtre. Ses derniers essais sont Dans les silences des mères (Albin Michel / 2007) et La Nécessité du chagrin d'amour (Epel / 2009)

Un lézard dans le jardin est son premier roman

 

lundi 7 novembre 2011

Une somme sans équivalent

mardi 8 novembre /// 18h30

LES JUIFS DANS L'HISTOIRE

Dans cette synthèse collective sans équivalent, destinée à un public large et curieux, vingt-neuf auteurs contribuent à dessiner une image d'ensemble de l'histoire des Juifs. Ils en exposent les caractères originaux tout en l'inscrivant dans le cours et la dynamique de l'histoire générale de l'humanité.

La collaboration de spécialistes d'histoire juive et d'historiens spécialisés dans d'autres domaines permet de contextualiser l'évolution des sociétés juives et de montrer comment les Juifs participent à une histoire qui en retour ne cesse de les façonner.

Ce livre aborde aussi la géographie changeante des centres de peuplement juif, les relations avec le pouvoir politique et la société globale, les pratiques culturelles et les représentations mentales.

Sous la direction d'Antoine Germa, Benjamin Lellouch et Evelyne Patlagean

dimanche 23 octobre 2011

Génération(s) et filiation(s)

    Génération(s) et filiation(s)

            regards croisés


Colloque international

4 et 5 novembre 2011 ///  CAEPR

2 avenue Jean XXIII - Metz

Dans le cadre de ce colloque,

Nicole Malinconi 

est invitée à la librairie Geronimo

vendredi 4 novembre /// 17h30

Cette rencontre est animée par Nicolas Brucker

Génération et filiation dans l'oeuvre de Nicole Malinconi

en pièce jointe : tout le programme du colloque 

dimanche 16 octobre 2011

Eric Reinhardt

jeudi 20 octobre /// 19h00

                Eric Reinhardt

            le système Victoria


Si David Kolski, architecte reconverti en directeur de travaux, avait renoncé à adresser la parole à cette inconnue croisée dans une galerie marchande, s'il lui avait dit : "Excusez-moi, je suis désolé, je vous ai pris pour quelqu'un d'autre", s'il avait su qu'en abordant une femme de cette stature il entraînerait son existence dans une direction impossible, Victoria de Winter n'aurait pas trouvé la mort onze mois jour pour jour après leur rencontre. Aujourd'hui, elle serait encore vivante, David ne vivrait pas retiré dans un hôtel de la Creuse, séparé de sa femme et de ses filles. Il n'aurait pas été détruit par le rôle qu'il a joué dans ce drame ni par les deux jours de garde à vue qui en ont découlé. Seulement, le visage de Victoria s'est tourné vers le sien et David a aussitôt basculé dans sa vie.

Eric Reinhardt est né à Nancy. Il vit et travaille à Paris. Il est écrivain, éditeur de livres d'art et collabore avec des artistes dont le chorégraphe Angelin Preljocaj, l'architecte Christian de Portzamparc, le plasticien Sarkis, le créateur de chaussures Chirstian Louboutin. Il est l'auteur de Demi-sommeil (Actes Sud, 1998), Du moral des ménages (Stock, 2002), Existence (Stock, 2004) et Cendrillon (Stock, 2007)

samedi 15 octobre 2011

"C'était tellement bête. On a gâché les gens"

La puissance du roman pour traverser les guerres du XXème siècle : des maquis au départ de l'Algérie en passant par la guerre d'Indochine, Alexis Jenni signe un premier roman épique et puissant.

samedi 15 octobre // 17h00

/

Alexis Jenni




 

L'art français de la guerre

J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails.
Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue.

Alexis Jenni vit et travaille à Lyon. L'art français de la guerre est son premier roman, paru chez Gallimard.

mardi 11 octobre 2011

Pascal Quignard

          Pascal Quignard

Mercredi 12 octobre ///  19h00

Les solidarités 

mystérieuses

- éditions Gallimard -

Medea

précédé de  

Danse perdue

- éditions Ritournelles -

Les solidarités mystérieuses :

"Ce n'était pas de l'amour, le sentiment qui régnait entre eux deux. C'e n'était pas non plus une espèce de pardon automatique. C'était une solidarité mystérieuse. C'était un lien sans origine dans la mesure où aucun prétexte, aucun évènement, à aucun moment , ne l'aurait décidé ainsi"

dimanche 9 octobre 2011

"Je n'ai plus d'espoir"

lundi 10 octobre /// 19h00

Dominique Sigaud


"Franz Stangl 

et moi"

éditions Stock

"Au début il y aurait eu cet homme, Franz Stangl, né en Autriche en mars 1908, bon professionnel de la police autrichienne, embauché par l'Histoire dans la Gestapo, rapidement monté en grade, d'abord surintendant, puis lieutenant à l'hôpital du programme T4 d'extermination, puis commandant de Sobibor et de Treblinka en 1942. Sa dernière promotion.
De là, l'Italie, la défaite, la fuite, le faux nom et l'installation au Brésil. De longues et belles années jusqu'à l'arrestation en 1967, l'extradition en Allemagne, le procès, la condamnation à perpétuité, puis l'appel.
Au début du récit, il y aurait pourtant cette phrase prononcée la veille de sa mort, "je n'ai plus d'espoir", presque une phrase finale, précédée d'un "à présent j'ai tout dit pour la première fois", le différenciant cette fois radicalement des autres responsbles et qui entamerait la dernière période de son existence, environ vingt-quatre heures, l'engageant de façon inattendue dans une voie presque contraire à ce qu'il avait vécu jusque-là. D'où mon attrait peut-être, le désir d'en savoir plus. Une entrée en matière en tout cas, et ce Franz Stangl et moi venu d'embée, en une fois".

Dominique Sigaud est journaliste, écrivain, auteur d'une douzaine de romans, récits, essais, romans policiers, de l'Hypothèse du désert (Gallimard 1996) à Conte d'exploitation (Actes Noirs, 2011)

dimanche 17 avril 2011

Les économistes atterrés

Mercredi 20 avril /// 18h00

Philippe Askenazy

"Les décennies aveugles"

Près de trois Français sur quatre considèrent que la France est sur la voie du déclin. Quarante ans arpès la fin des Trentre glorieuses, comment ce sentiment peut-il être aussi puissant ?
De fait, le chômage y est à la fois une réalité sociale et une obsession politique. Ses reflux n'ont jamais été que de courte durée. Et les embellies liées aux phases de croissance, éphémères. Les enfants ne rêvent plus d'un destin meilleur que celui de leurs parents. Et les parents ne se séparent pas d'une angoisse pour leurs enfants. Les espoirs de renouveau, depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 jusqu'à l'élection d'un Président à poigne en 2007, ont systématiquement été déçus. Plutôt que d'ausculter et de culpabiliser les Français, c'est l'ensemble de la politique économique nationale - singulièrement en matière d'emploi - qui est dans cet ouvrage décortiquée et remise en perspective avec les idées économiques du moment et les choix des autres grandes nations développées. Il en ressort une impressionnante série d'erreurs politiques nées des aveuglements successifs des gouvernants et des experts qui les assistent. Mais la France demeure une nation riche et dynamique. La crise actuelle est elle-même une opportunité : cette fois, toutes les grandes économies mondiales se retrouvent dans un même aveuglement face à l'hydre de la finance. Il n'y a plus de modèle à suivre. La France peut désormais construire son propre chemin de croissance pour peu qu'elle accepte d'abandonner les dogmes et paradigmes qui ont dominé sa politique depis quarante ans.
Cet ouvrage dans son ultime chapitre propose une voie possible pour rebondir. Mais, pour ce faire, il faudra repartir des besoins des sociétés de la prochaine décennie. Un "bon sens" étrangement oublié ces dernières décennies.

Philippe Askenazy est économiste, directeur de recherches au CNRS et éditorialiste au Monde. Il est également directeur adjoint du Cepremap à l'Ecole Normale Supérieure. Il a notamment publié "La Croissance moderne" (Economica, 2002, prix de l'Académie des Sciences Morales et Politiques) et "Les Désordres du travail" (La République des Idées / Seuil, 2003, Prix du livre d'économie). En collaboration avec Daniel Cohen, il a dirigé "Seize nouvelles questions d'économies contemporaines" (Albin Michel, 2010)

jeudi 7 avril 2011

"Une invitation à se parcourir et se visiter"

Mercredi 13 avril 2011 /// 18h00

         Pierre ASSOULINE

            "VIES DE JOB"

                                              - éditions Gallimard -

Job est l'un des personnages les plus fascinants et énigmatiques de la Bible. Couché nu sur son tas de cendres, couvert de blessures, privé des siens et dépossédé de ses biens, il est le symbole de l'homme arbitrairement condamné qui affronte seul la justice divine.
Depuis que le Livre de Job a été écrit, cette histoire a passionné et intrigué plus qu'aucune autre. Pourquoi ? C'est la question à laquelle Pierre Assouline a voulu répondre en partant sur les traces de Job, remontant près de vingt-cinq siècles jusqu'aux sources de ce texte dont l'auteur est inconnu, puis interrogeant les innombrables commentaires et représentations qu'il a suscités.
De cet immense parcours, qui l'a conduit dans les bibliothèques et musées du monde entier, et l'a fait partir à la rencontre d'êtres ordinaires et extraordinaires, est né un livre à mi-chemin entre biographie et roman. Déchiffrant les multiples visages de Job, Pierre Assouline en révèle l'importance dans notre civilisation, et surtout la manière dont l'histoire de Job nous aide à vivre.
Vies de Job se lit en creux comme le récit d'une quête intérieure. Celle d'un écrivain hanté par son personnage.

Pierre Assouline est journaliste et écrivain. Il est l'auteur de nombreuses biographies (Simenon, Hergé, Cartier-Bresson...) et de six romans :
- Les invités (2009)
- Le portrait (2007) - Prix de la langue française
- Lutetia (2005) - Prix des Maisons de la Presse
- Etat limite (2003)
- Double vie (2001) - Prix des libraires
- La cliente (1998) 

 

 

samedi 2 avril 2011

"Rouge dans la brume le coeur de l'insensé"

Vendredi 08 avril /// 18h00

Gérard Mordillat

        "Rouge dans la brume"

                       - éditions calmann-lévy -

Carvin, la trentaine, est ouvrier mécanicien dans une usine du Nord. Sa femme Chantal rêve de confort et de soleil. Ne supportant plus la dureté de leur vie ni les luttes quotidiennes, elle le quitte et emmène avec elle Océane, leur fille de quatre ans. Anath, la trentaine elle aussi, est DRH dans l'usine où travaille Carvin. Elle est mariée à un professeur d'université qui lentement s'éloigne d'elle, perdu dans les livres, l'alcool et d'inavouables secrets.
Rien ne semblait devoir rapprocher Carvin et Anath. Un monde les séparait. Mais quand l'usine est brutalement fermée par ses actionnaires américains, qui rayent de la carte presque 400 emplois, la tempête qui se lève unit leurs destins.
Les ouvriers s'insurgent, occupent le site, incendient le stock, les ateliers, les camions de ceux qui voulaient déménager les machines. La révolte se propage à une deuxième usine, puis à une troisième, portée par l'espoir que le pays tout entier s'embrase.
C'est au coeur du brasier qu'Anath et Carvin se découvrent. Contre toute attente, contre toute raison, c'est dans la lutte que naît leur amour. L'un et l'autre n'ont plus rien à perdre, mais une vie à gagner. Sont-ils fous, criminels, insensés ? Ont-ils une chance de triompher ? Qu'importe !
Dans la folie du temps présent, ils auront su dire non. Ils auront fait entendre leur voix.

Gérard Mordillat est écrivain et cinéaste. Il a publié de nombreux romans, parmi lesquels "L'Attraction universelle", "Les Vivants et les Morts", "Notre part de ténèbres"... Il a tourné une vingtaine de films : "La voix de son maître", "Vive la Sociale !", "Cher Frangin", "En compagnie d'Antonin Artaud", "Paddy"... Avec Jérôme Prieur, il est l'auteur de la trilogie documentaire sur les origines du christianisme "Corpus Christi".
Pour France 2 et Arte, il a écrit et réalisé l'adaptation de son roman "Les Vivants et les Morts" dont il a fait une projection à la librairie Geronimo en octobre 2010.

mercredi 30 mars 2011

Le clou qui dépasse rencontre souvent le marteau

Samedi 2 avril /// 12h00

          Tatiana Arfel

           "Des Clous"

- Domaine français / Editions Corti -

Human Tools est une entreprise internationale de services spécialisée dans la mise en place de procédures pour d'autres sociétés. Ou plutôt : Human Tools vend du vent très cher, très côté en Bourse et très discutable.
Catherine, Rodolphe, Francis, Sonia, Marc, Laura travaillent pour Human Tools. Ils en sont les clous, ils valent des clous : employés non conformes, allergiques à la cravate ou aux talons hauts, trop intelligents, trop étranges, rêveurs ou aimables, trop eux-mêmes, simplement.
Parce qu'ils cherchent à travailler bien, et non à cocher des cases pour statistiques, parce qu'ils souffrent de l'absence de reconnaissance, parce que la qualité totale les a rendus malades, ils sont inscrits par Frédéric, leur grand marteau, à un séminaire de remotivation dont ils ne connaissent pas la finalité réelle. Ils y seront poussés à rationnaliser leur temps, leurs corps, leurs émotions, leur espace du dedans. Ils cesseront peu à peu de penser et sentir, et ne s'en plaindront pas : d'autres attendent pour leur prendre la place et il y a le loyer à payer.
Des Clous n'est pas un roman d'anticipation. Human Tools, ses pratiques, ses dirigeants, existent déjà : il n'y a qu'à observer.
Jusqu'à quand ? Jusqu'à quand accepter que performances, objectifs, profits qui profitent toujours aux mêmes, puissent détruire ce qu'il y a de plus précieux en chacun ? Où trouver la force de dire : ce n'est pas acceptable ?
Nos clous n'ont certes pas la réponse. Mais quelqu'un venu du dehors va les aider à écrire leur histoire, la jouer, la mettre à distance, à retrouver leur langue à eux, qui n'est pas le jargon américanisant de cette société où ils sont entrés sans réfléchir, à genoux, bégayant de gratitude pour le minuscule salaire qui justifierait leur tâches discutables.
Nos clous vont essayer de se redresser, même si le marteau est toujours là, pour la beauté du geste et pour leur survie. Nos clous vont avoir, à un moment, le choix. Liberté vertigineuse : qu'en feront-ils ?

Tatiana Arfel est née en 1979 à Paris et vit aujourd'hui dans le sud de la France. Psychologue de formation, elle anime des ateliers d'écriture auprès de publics en difficulté.
Son premier roman "L'Attente du soir" paru en janvier 2009 a obtenu de nombreux prix littéraires.

Avec "Des Clous", Tatiana Arfel confirme son talent d'écrivain.
Dans ce roman implacable, elle analyse et observe avec acuité le monde du travail.

 

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