
jeudi 9 juin /// 19h00
J.-B.
PONTALIS
Né en 1924, J.-B. Pontalis, élève de Sartre est agrégé de philosophie,
collaborateur des Temps Modernes ; après une analyse avec Lacan, il entreprend
avec Jean Laplanche la rédaction de l'incontournable vocabulaire de la
psychanalyse publié en 1967 aux PUF. En 1970, il crée la nouvelle
revue de psychanalyse avec entre autres Didier Anzieu et André
Green.
Au début des années 80, J.-B. Pontalis évolue vers "l'écriture littéraire",
notamment avec la publication de Loin. Suivront parmi d'autres :
Frère du précédent, Elles, Le songe de Monomotapa,
En marge des nuits... et en 2011 Un jour, le crime.
Pour J.-B. Pontalis, la littérature et la psychanalyse sont intimement liées,
d'ailleurs ces titres sont "catalogués" comme des récits.
"Il existe une analogie évidente entre la psychanalyse et la
littérature. Nous y voyons à l'oeuvre, sans doute par des voies différentes,..
le même postulat : être, pour la première fois, entendu, reconnu,... et dans le
même mouvement, craindre d'être absorbé par la pensée et par le langage" -
Perdre de vue - Gallimard 1988
Dans Un jour, le crime, J.-B. Pontalis part en promenade dans les
contrées de la folie meurtrière.
Au commencement était l'acte. Cet acte était la mise à mort du père selon
Freud, du frère selon la Bible.
Ce commencement est sans fin.
Nous aurons beau nous écrier : "Plus jamais ça !", les faits ne cesseront de
nous démentir, de montrer la vanité de nos cris. Les faits sont têtus, disait
cet entêté de Lénine.
La violence est souveraine. Partout, dehors, visible, étalée au grand jour.
Partout, dedans, cachée, tapie dans l'ombre d'où elle est prête à surgir.
La passion meurtrière, qu'elle soit collective ou individuelle, la rage de
détruire, l'amour de la haine ne connaissent pas de limites. Face à la
démesure, nos instruments de mesure sont défaillants.